40 % des jeunes Français obtiennent leur permis avant même d’avoir quitté le lycée. Derrière ce chiffre, une réalité mouvante : le mode d’attribution du permis de conduire vient de changer, signant la fin d’une époque où la préfecture tenait seule les rênes. Désormais, le parcours du futur conducteur s’écrit en ligne, sous l’œil vigilant de l’ANTS et au rythme de règles repensées pour une génération pressée… et surveillée.
Depuis le début de l’année 2025, la procédure pour décrocher le permis de conduire en France ne ressemble plus à ce qu’elle était. Le passage par la préfecture n’est plus systématique : la demande passe désormais entre les mains de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), seule plateforme à gérer la majorité des dossiers. Ce virage numérique s’accompagne de règles nouvelles, surtout pour les jeunes aspirants conducteurs, notamment ceux qui s’engagent dans la conduite accompagnée dès 17 ans. Les conditions évoluent, la marche à suivre aussi.
La vigilance s’est renforcée du côté des contrôles, avec un examen plus minutieux des pièces déposées en ligne. Les délais pour obtenir le précieux permis continuent de varier selon la localisation, mais une constante s’impose partout : la validation de l’identité numérique est devenue un passage obligé. Fini le temps des démarches à moitié bouclées sur un coin de bureau : chaque étape compte, chaque justificatif est scruté. L’obtention du permis se professionnalise, la rigueur s’installe.
À qui s’adresser pour obtenir son permis de conduire en France ?
Le départ du parcours est balisé : pour se lancer, impossible d’échapper à la procédure administrative. Officiellement, la préfecture reste la référence pour la délivrance du permis de conduire. Mais, concrètement, l’époque a basculé : l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) centralise désormais presque toutes les démarches. Les demandes s’y déposent en ligne, le suivi s’effectue à distance, et l’obtention finale se passe sans passer par un guichet physique. La préfecture n’intervient plus qu’en cas de situation sortant de l’ordinaire ou de problématique spécifique.
Avant même de penser à l’examen, il faut obtenir un code NEPH : ce numéro d’enregistrement préfectoral harmonisé conditionne l’inscription aux épreuves du code et de la conduite. Les auto-écoles prennent généralement cette mission en charge pour leurs élèves, mais les candidats libres doivent eux-mêmes faire la démarche auprès de l’ANTS. Sans ce code, impossible de s’inscrire à l’examen.
Pour clarifier le rôle de chaque acteur, voici la répartition concrète des démarches à effectuer :
- La demande de permis se fait exclusivement via l’ANTS : la démarche en ligne est la règle.
- Pour l’inscription à l’examen, il faut obtenir le code NEPH, toujours via l’ANTS.
- Si un dossier présente une difficulté ou une situation atypique, la préfecture compétente reste le recours.
Les personnes souhaitant recevoir leur permis au format carte bancaire effectuent également leur demande sur l’ANTS. Le permis rose continue à circuler jusqu’en 2033, mais les trajectoires administratives convergent toutes vers la dématérialisation et la centralisation numérique.
Ce qui va changer en 2025 : les nouvelles règles à connaître
L’année 2025 marque un virage réglementaire pour tous les conducteurs, actuels comme futurs. Les nouvelles directives européennes redessinent le cadre : le permis de conduire, qu’on soit jeune ou expérimenté, ne s’obtient ni ne se garde selon les mêmes modalités qu’hier. Pour les catégories A et B, chaque permis devra désormais être renouvelé tous les 15 ans. Ce calendrier s’accompagne, dans certains cas, d’une visite médicale obligatoire : à partir de 65 ans, le médecin pourra décider de raccourcir la validité du titre.
La réforme touche aussi l’âge d’accès : depuis 2024, il est possible de décrocher le permis dès 17 ans. Cette avancée, voulue par le gouvernement pour donner plus d’autonomie aux jeunes, suscite toujours le débat, notamment du côté des associations de sécurité routière. Autre nouveauté : pour les permis poids lourds (catégories C et D), la validité passe à cinq ans seulement, sous réserve d’un contrôle médical.
Le sujet des Zones à faibles émissions reste brûlant. L’Assemblée nationale s’est prononcée pour leur suppression, mais la balle est désormais dans le camp du Sénat et du Conseil constitutionnel. Ces zones, conçues pour limiter la circulation des véhicules les plus polluants, cristallisent les tensions entre impératif écologique et liberté de circuler.
Au final, l’année 2025 s’impose comme le début d’une ère où le permis de conduire se veut à la fois plus encadré et ouvert à de nouveaux publics, dans un contexte où la sécurité routière et la réglementation européenne se conjuguent plus que jamais.
Permis dématérialisé, démarches simplifiées : ce que cela signifie concrètement pour les usagers
Le permis de conduire version numérique n’est plus un projet : il s’impose désormais comme la règle. Depuis 2013, le format carte bancaire a pris la place du vieux permis rose, même si ce dernier reste encore valable jusqu’au 19 janvier 2033. La volonté affichée par le ministère de l’Intérieur est claire : permettre à tous les conducteurs de présenter leur permis sur smartphone grâce à l’application France Identité.
Les démarches aussi ont changé de visage. Oubliés les déplacements en préfecture : l’ANTS gère tout, de la demande à la fabrication du titre, avec un espace personnel pour télécharger ses pièces justificatives, suivre le traitement de son dossier et recevoir des notifications à chaque avancée. L’ensemble du processus se déroule depuis chez soi, ordinateur ou téléphone en main.
Le nouveau permis embarque une puce électronique intégrant toutes les informations nécessaires à l’identification du conducteur. Cette technologie renforce la sécurité et rend plus difficiles les tentatives de fraude. Libre à chacun de conserver un support physique ou de passer pleinement au numérique.
Voici les principales nouveautés dont il faut tenir compte :
- Le permis sera accessible sur smartphone dès 2030.
- L’application France Identité permettra de présenter le permis lors d’un contrôle.
- Le permis rose reste valable jusqu’en 2033, mais sa disparition est programmée.
La généralisation du permis dématérialisé vise un double objectif : alléger les démarches pour les usagers et garantir la fiabilité des titres délivrés.
Questions fréquentes et réponses claires sur la délivrance du permis
Le permis de conduire français : reconnu où ?
Le permis de conduire délivré en France circule sans encombre partout dans l’Union européenne. Aucun besoin de formalité particulière : à Berlin, Madrid ou Rome, ce titre s’impose grâce à l’harmonisation européenne.
Qui délivre le permis ?
La préfecture reste l’autorité officiellement compétente, mais en pratique, l’ANTS orchestre la fabrication et l’envoi du permis, qu’il s’agisse du format carte bancaire ou de la version numérique. Auto-écoles et candidats déposent leurs dossiers sur la plateforme. Le code NEPH, obligatoire pour toute inscription à l’examen, structure le parcours du candidat de bout en bout.
À quel âge passe-t-on l’examen en France ?
L’accès au permis s’ouvre à partir de 17 ans depuis 2024 : le débat sur l’âge minimum s’est tranché en faveur des jeunes, avec la volonté de leur offrir plus d’autonomie tout en renforçant la sécurité routière.
Combien coûte le permis ?
L’UFC Que Choisir chiffre le coût moyen du permis de conduire à plus de 1 800 €, un montant qui interroge, alors que des voix se lèvent pour faciliter l’accès au permis pour les jeunes issus de milieux modestes.
Quelques données éclairantes sur le permis en France :
- 86 % des 18-26 ans estiment le permis indispensable pour leur vie quotidienne.
- L’épreuve a renforcé ses exigences sur la sécurité des usagers vulnérables.
- Les retraits et suspensions de permis sont désormais partagés entre pays européens, renforçant la coopération transfrontalière.
Obtenir son permis en 2025, c’est franchir un parcours où la technologie, la réglementation et la vigilance avancent de concert. Reste à chacun de s’emparer de ces nouvelles règles pour tracer sa route, smartphone en poche et identité validée, sur l’asphalte d’une mobilité transformée.


